Les errements du Polyèdre

Tribune de Olivier Burlat, Conseiller municipal FN de Seynod

Le Polyèdre est une association seynodienne qui propose des activités culturelles (cours de dessin, danse etc.) à la population. Elle existe depuis 1974 et est fortement soutenue par la municipalité. Elle comporte environ 2500 adhérents qui paient une cotisation annuelle d’un montant de 10 à 15 euros. Cependant, l’inscription à la plupart des cycles d’activité nécessite le paiement d’une cotisation supplémentaire pour financer l’animation.

Gouvernance défaillante et responsabilité de la commune

La gestion du Polyèdre est depuis un an l’objet d’une controverse. Un rapport d’observations a été demandé à la Chambre régionale des comptes qui l’a remis au mois de décembre dernier. Selon ce document, la gouvernance de l’association a été « défaillante, le bureau ne se réunissant pas suffisamment et des dysfonctionnements importants s’étant produits au sein de la direction. » La commune de Seynod n’a pas « assumé pleinement ses fonctions de contrôle et de vérification des comptes de l’association. » Il manque à l’association une comptabilité analytique permettant de connaître le coût réel de ses activités. Enfin, il y a eu des lacunes dans l’obligation de publicité des comptes annuels certifiés.

Plus de 800 000 euros de subventions annuelles

Cette association bénéficie d’une très importante aide publique : 564 000 euros en 2015 (dont 439 000 provenant de la commune, 100 000 de la CAF et 14 000 du département). Les locaux qu’elle occupe (plus de 2500 mètres carré) sont mis gratuitement à sa disposition par la commune. Cette aide a été chiffrée à 230 000 euros mais ce montant est sous-évalué selon la Chambre régionale des comptes. Enfin, la commune paie le chauffage, l’eau, l’électricité, les charges et les taxes.

N’ayant plus grand-chose à sa charge, l’association a pu mettre de l’argent de côté et dispose de fonds placés pour environ 300 000 euros. Selon la Chambre régionale des comptes, la situation financière a toujours été très confortable et le subventionnement public pourrait être ajusté aux besoins réels de l’association. Pourtant, cette année encore la majorité municipale nous demande de voter une subvention de 437 900 euros équivalente à celles de années précédentes. L’année dernière, on nous avait dit que cette somme était nécessaire afin de payer le salaire des permanents. Pourtant le rapport précise que « l’association pourrait exercer ses activités pendant un exercice complet sans subventionnement communal. » Quelle excuse va-t-on nous proposer aujourd’hui ? En tout cas, lors du Conseil communal de Seynod, nous, élus Bleu Marine, avons été les seuls à donner un avis défavorable aux propositions de subventions pour l’année 2018.

Défaillance de la direction

Le Conseil d’administration du Polyèdre n’a pas assumé pleinement son rôle en omettant de se réunir régulièrement. Son contrôle n’était pas suffisant. Le Directeur a ainsi pu utiliser la carte bancaire du Polyèdre pour s’offrir 1800 euros de mobilier qu’il a fait livrer à son domicile. Le Président ayant découvert les faits, il a depuis remboursé cette somme. Cependant, le Directeur n’est pas un néophyte en la matière. Il a déjà été condamné en 2010 pour avoir détourné quelque 12 000 euros de l’association ALAP qui s’occupe des demandeurs d’asile. A l’époque, son maintien à la tête du Polyèdre avait suscité une polémique au sein du Conseil municipal de Seynod. Une Adjointe au maire avait donné sa démission. Mais Madame le Maire avait maintenu sa confiance au directeur condamné estimant que tout le monde a droit à « une deuxième chance. »

Où en est-on aujourd’hui ?

Lors du Conseil communal du 22 janvier, on nous a présenté le rapport de la Chambre régionale des comptes. L’opposition, tous groupes confondus, a demandé des éclaircissements sur la situation actuelle du Polyèdre. L’équipe majoritaire est restée évasive sur le sujet arguant qu’elle n’était pas au courant des affaires internes de cette association. Pourtant certains de ses membres appartiennent au Conseil d’administration du Polyèdre. Une chose est sûre : les recommandations de la Chambre régionale des comptes demandant un meilleur contrôle ne sont pas encore appliquées ! Voici donc les informations qui ont circulé lors du conseil : Depuis plus d’un an, à la suite de la découverte de son indélicatesse, le Directeur du Polyèdre serait en arrêt pour accident du travail, ce qui empêcherait toute procédure de licenciement contre lui. En voilà un qui connaît bien le droit à défaut de le pratiquer.

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