Fusion de Seynod avec les autres communes : nous avons voté contre

Intervention d’Olivier Burlats, Conseiller municipal RBM de Seynod

Les premiers arguments qu’on nous propose sont des propos alarmistes destinés à faire peur. Confrontées à la « mondialisation », à la « concurrence entre les continents » nos villes risqueraient le déclassement. Face à ces maux, il n’y aurait qu’une seule et unique solution, miraculeuse : la fusion. Ce serait le « sens de l’Histoire ». Ce discours, nous l’avons déjà entendu : c’est celui qui a été utilisé pour la construction de l’Union européenne. Il fallait à tout prix fusionner les pays pour tenir son rang dans une économie mondialisée. Il fallait à tout prix se rassembler pour peser. La solution était à la fois unique et miraculeuse. Aujourd’hui, on voit ce que cela donne. L’euro n’a pas tenu ses promesses. Il n’y a pas eu de boom économique. L’euro ne nous protège pas des aléas de l’économie mondiale. Au contraire, il a plutôt tendance à amplifier les crises. Quant aux accords de Schengen, on voit ce que cela donne. Aussi j’appelle mes collègues à ne pas croire à cette solution miraculeuse de la fusion. Je leur dis : n’ayez pas peur. On ne va pas disparaître si on ne fusionne pas.

Ensuite il y a l’argument financier. On nous jette des chiffres. Le seul chiffre fiable est celui des 30 millions que l’on économiserait grâce au gel de la baisse des dotations de l’état. Malheureusement ce chiffre est d’ores et déjà caduc puisque la fusion ne se fera pas à 13. Vous pouvez donc l’oublier. On nous jette encore quelques montants, 100 millions par ci, 100 millions par là, qui seraient apparus dans des courriers du Préfet. Je ne suis pas au courant. Le Préfet ne m’envoie pas de lettre, et quand il s’intéresse à moi, c’est pour des tweets et pour me dénoncer au Procureur. Pourtant il y a un chiffre qui est absent du document. C’est le coût de la fusion qui est loin d’être négligeable. Quand on fusionne des administrations, cela peut coûter très cher, voire dépasser sur plusieurs années le montant des économies réalisées.

Concernant le fonctionnement de la commune nouvelle, on a le choix pour la composition du Conseil municipal. Soit on prend les maires et adjoints des 13 communes : les oppositions sont alors passées à la trappe. Soit on prend les 353 conseillers municipaux. C’est cette solution qui a été retenue. C’est bien pour la représentativité. Malheureusement c’est ingérable. On ne fera que deux ou trois conseils municipaux par an pour les votes obligatoires, tel celui du budget. Mais qui décidera de toutes les délibérations, nombreuses, qui nous occupent en ce moment-même ? Mystère.

On peut toujours discuter de la fusion des communes en disant que de toute manière les habitants ne font pas la différence entre Seynod, Annecy et Annecy-le-Vieux. Mais ils ne font pas la distinction non plus entre la commune, l’agglo et le SCOT. Ils ne font pas non plus la différence entre les compétences du département et de la région. Ils ne font pas la différence entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Alors pourquoi ne pas fusionner toutes ces assemblées : on réaliserait ainsi des économies !

Contrairement à ce que disent certains de mes collègues, il y a bien un projet dans cette fusion : grossir. Il faut faire d’Annecy une métropole capable de concurrencer les autres villes, Lyon, Grenoble, etc. Pourtant il y a de la place pour les villes de toutes les tailles. Je tiens à rassurer les gens : ce n’est pas parce que vous vivrez dans une grande ville que vous aurez de meilleurs revenus. Il y a une seule personne dont le salaire est directement indexé sur la taille de la ville : c’est le maire. On comprend mieux pourquoi Jean-Luc Rigaut est favorable à la fusion. Vos revenus n’augmenteront pas mais en revanche certains problèmes vont croître automatiquement. Les problèmes de circulation par exemple. Et on ne voit pas trop comment on va les résoudre. La pollution aussi. On veut concurrencer Grenoble, eh bien, en ce domaine, on y arrive. Annecy est souvent devant Grenoble en matière de pollution. Il y a enfin un dernier problème qui augmente avec la taille de la ville, c’est l’insécurité. Et là, franchement, on n’a pas envie de rattraper Grenoble qui s’illustre régulièrement dans l’actualité par ses sordides faits divers.

Pour toutes ces raisons nous voterons contre la fusion.

Vous pourriez aussi aimer