Les élus à la ferme

Tribune du Groupe « Seynod Bleu Marine »

Dans les cadres de la journée « Les élus à la ferme », les élus des treize communes de l’agglomération étaient conviés ce samedi 1er octobre à visiter l’exploitation agricole de Jean-Robert Martel située à Vieugy. Ce jeune agriculteur a repris l’exploitation familiale mais en a changé la nature qui est passée de l’élevage et la production laitière à la culture maraichère, essentiellement pour des questions foncières : la culture maraichère nécessite moins d’espace et s’accommode donc mieux de l’extension urbaine. Il pratique une agriculture raisonnée en limitant les pesticides. Par exemple, un paillage du sol avec des bâches élaborées à partir d’amidon de maïs évite les mauvaises herbes et la lutte contre les pucerons se fait biologiquement avec l’apport d’insectes prédateurs.

La culture maraichère en Haute-Savoie ne peut pas concurrencer la production des autres régions au niveau des prix. Elle est en effet soumise à des contraintes géographiques (sols non sableux plus lourds à travailler, présence de reliefs) et climatiques (moins de jours de chaleur) qui limitent la productivité. Les produits sont donc plus chers et ne sont pas concurrentiels pour les centrales d’achat des grandes surfaces. C’est pourquoi les paysans savoyards sont obligés de développer le cycle court, ce qui s’avère finalement une bonne chose tant il est urgent de sortir de la logique des marchés de grande échelle. Pour la ferme que nous avons visitée, la répartition des ventes est la suivante : 45 % via le magasin de producteurs C’Nos Terroirs, 25 % en vente directe à la ferme, 20 % sur le marché de Poisy, 10 % à la restauration scolaire de Seynod et environ 1 % au fameux restaurant les Trésums.

Cette visite a également permis d’aborder des thèmes généraux qui touchent l’ensemble du monde agricole, comme la difficulté des jeunes à s’installer quand il faut emprunter des sommes importantes pour s’équiper ou rejoindre une coopérative. Enfin, la matinée s’est terminée par un buffet qui nous a permis d’apprécier la qualité des produits de notre terroir.

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Jean-Robert Martel (à droite) et son tracteur « vintage »

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Les serres sont une nécessité pour certaines cultures dans notre région

Seynod : les gens du voyage squattent la RD1201 puis la Pilleuse

Communiqué de presse du Groupe Seynod Bleu Marine

Le territoire de Seynod subit les assauts du communautarisme décomplexé des gens du voyage. Des groupes de caravanes ont occupé en toute illégalité la chaussée sur un axe de circulation important empêchant des milliers de personnes de circuler librement et générant deux jours de nuisance pour les riverains des villages alentour. Puis ils se sont dirigés vers le terrain de la Pilleuse généreusement mis à leur disposition par l’autorité préfectorale et des élus irresponsables.

Combien de temps les habitants légitimes de Chaux devront-ils supporter l’occupation de leur terre par des hordes nomades ? Combien de temps les contribuables devront-ils financer un mode de vie communautariste ? Les élus du groupe Seynod Bleu Marine appellent les autorités à se ressaisir. Dans un pays sain, il faut faire respecter la loi. Le sans-gêne, l’égoïsme, l’incivisme doivent être sanctionnés, les véhicules confisqués et les délinquants conduits devant le tribunal.

La route de Vieugy

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La Pilleuse

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Le rond-point de Chaux

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Seynod : conseil du 20 juin 2016 – vote concernant la fusion des communes

Intervention des élus FN/RBM au Conseil municipal de Seynod

Chers Collègues,

Nous participons ce soir à un événement unique dans la vie de notre commune puisqu’il s’agit de décider de sa disparition. Ce n’est pas une décision à prendre à la légère car elle sera irréversible. Seynod appartient encore au présent. A l’issue de ce Conseil, Seynod appartiendra peut-être au passé.

Ce projet n’est pas né de la volonté des élus des communes. Ce n’est pas non plus une demande de la population. A l’origine, il y a d’abord une loi de réforme des collectivités territoriales, une loi rédigée par des technocrates pour que notre pays abandonne ses spécificités, son identité, ses 36000 communes. Cette loi, le gouvernement veut l’imposer dans nos régions. C’est son représentant officiel, le Préfet, qui s’applique à la mettre en pratique.

Un premier projet a été proposé l’année dernière : la fusion des 13 communes de l’agglomération. Ce projet a été rejeté par une majorité des conseils municipaux. La plupart des communes ont préféré conserver leur indépendance. Nous devrions prendre exemple sur elles. Au lieu de cela, nos édiles persistent dans l’obéissance aux directives préfectorales.

Les arguments en faveur de la fusion sont toujours les mêmes. On nous parle des économies à réaliser. Mais pour l’instant, nous n’avons eu aucun chiffrage de ces économies. Au contraire, la fusion aura un coût non négligeable en bouleversant les organisations des six communes. La commune nouvelle sera plus grande et tout le monde sait qu’il y a plus de gaspillage dans les grandes structures que dans celles à taille humaine.

Il y a aussi l’argument du « poids » : il faut à tout prix « peser » par rapport aux autres villes. C’est un argument bien « lourd » pour une ville alpine que l’on souhaite dynamique, tournée vers les sommets. La quantité ne fait pas la qualité. On n’est pas forcément plus fort parce qu’on est plus nombreux. On ne se fait pas mieux entendre. La preuve avec ce conseil municipal où l’on entend surtout les groupes minoritaires.

Enfin, ce que nous devons craindre, c’est l’ambition de nos édiles de transformer notre espace de vie en une métropole à croissance continue dans le but de concurrencer des villes comme Lyon, Grenoble, Clermont-Ferrand. Notre géographie est contrainte avec un lac et des montagnes : elle ne peut pas absorber une croissance démesurée. Les problèmes de pollution et de circulation que nous connaissons déjà ne feront qu’augmenter. Des immeubles seront construits, surtout à Seynod qui servira de réserve foncière à la nouvelle commune. Les espaces naturels et ruraux disparaîtront pour laisser la place au béton.

Pour notre environnement, pour notre qualité de vie, pour le bien vivre ensemble, nous voterons contre ce projet de fusion car il est trop précipité et construit sur de mauvaises bases. Nous appelons chacun des conseillers à décider en son âme et conscience, en toute indépendance, sans céder à la pression sociale et au conformisme de groupe.

Fusion de Seynod avec les autres communes : nous avons voté contre

Intervention d’Olivier Burlats, Conseiller municipal RBM de Seynod

Les premiers arguments qu’on nous propose sont des propos alarmistes destinés à faire peur. Confrontées à la « mondialisation », à la « concurrence entre les continents » nos villes risqueraient le déclassement. Face à ces maux, il n’y aurait qu’une seule et unique solution, miraculeuse : la fusion. Ce serait le « sens de l’Histoire ». Ce discours, nous l’avons déjà entendu : c’est celui qui a été utilisé pour la construction de l’Union européenne. Il fallait à tout prix fusionner les pays pour tenir son rang dans une économie mondialisée. Il fallait à tout prix se rassembler pour peser. La solution était à la fois unique et miraculeuse. Aujourd’hui, on voit ce que cela donne. L’euro n’a pas tenu ses promesses. Il n’y a pas eu de boom économique. L’euro ne nous protège pas des aléas de l’économie mondiale. Au contraire, il a plutôt tendance à amplifier les crises. Quant aux accords de Schengen, on voit ce que cela donne. Aussi j’appelle mes collègues à ne pas croire à cette solution miraculeuse de la fusion. Je leur dis : n’ayez pas peur. On ne va pas disparaître si on ne fusionne pas.

Ensuite il y a l’argument financier. On nous jette des chiffres. Le seul chiffre fiable est celui des 30 millions que l’on économiserait grâce au gel de la baisse des dotations de l’état. Malheureusement ce chiffre est d’ores et déjà caduc puisque la fusion ne se fera pas à 13. Vous pouvez donc l’oublier. On nous jette encore quelques montants, 100 millions par ci, 100 millions par là, qui seraient apparus dans des courriers du Préfet. Je ne suis pas au courant. Le Préfet ne m’envoie pas de lettre, et quand il s’intéresse à moi, c’est pour des tweets et pour me dénoncer au Procureur. Pourtant il y a un chiffre qui est absent du document. C’est le coût de la fusion qui est loin d’être négligeable. Quand on fusionne des administrations, cela peut coûter très cher, voire dépasser sur plusieurs années le montant des économies réalisées.

Concernant le fonctionnement de la commune nouvelle, on a le choix pour la composition du Conseil municipal. Soit on prend les maires et adjoints des 13 communes : les oppositions sont alors passées à la trappe. Soit on prend les 353 conseillers municipaux. C’est cette solution qui a été retenue. C’est bien pour la représentativité. Malheureusement c’est ingérable. On ne fera que deux ou trois conseils municipaux par an pour les votes obligatoires, tel celui du budget. Mais qui décidera de toutes les délibérations, nombreuses, qui nous occupent en ce moment-même ? Mystère.

On peut toujours discuter de la fusion des communes en disant que de toute manière les habitants ne font pas la différence entre Seynod, Annecy et Annecy-le-Vieux. Mais ils ne font pas la distinction non plus entre la commune, l’agglo et le SCOT. Ils ne font pas non plus la différence entre les compétences du département et de la région. Ils ne font pas la différence entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Alors pourquoi ne pas fusionner toutes ces assemblées : on réaliserait ainsi des économies !

Contrairement à ce que disent certains de mes collègues, il y a bien un projet dans cette fusion : grossir. Il faut faire d’Annecy une métropole capable de concurrencer les autres villes, Lyon, Grenoble, etc. Pourtant il y a de la place pour les villes de toutes les tailles. Je tiens à rassurer les gens : ce n’est pas parce que vous vivrez dans une grande ville que vous aurez de meilleurs revenus. Il y a une seule personne dont le salaire est directement indexé sur la taille de la ville : c’est le maire. On comprend mieux pourquoi Jean-Luc Rigaut est favorable à la fusion. Vos revenus n’augmenteront pas mais en revanche certains problèmes vont croître automatiquement. Les problèmes de circulation par exemple. Et on ne voit pas trop comment on va les résoudre. La pollution aussi. On veut concurrencer Grenoble, eh bien, en ce domaine, on y arrive. Annecy est souvent devant Grenoble en matière de pollution. Il y a enfin un dernier problème qui augmente avec la taille de la ville, c’est l’insécurité. Et là, franchement, on n’a pas envie de rattraper Grenoble qui s’illustre régulièrement dans l’actualité par ses sordides faits divers.

Pour toutes ces raisons nous voterons contre la fusion.